Près
d'un an après la marée noire de l'ERIKA, une terrible menace de
pollution chimique
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Chaque
nouvelle tempête fait désormais craindre le pire. Les conséquences de la marée noire de l'ERIKA ne sont pas encore effacés sur nos côtes qu'une nouvelle menace de désastre écologique apparaît. Comme pour l'ERIKA, les hommes d'équipage ont pu être sauvés, tant mieux bien sur! Le remorqueur Abeilles Flandres, appelé à l'aide, rencontre des conditions très dures pour prendre en remorque un tanker chimiquier italien, le Ievoli Sun, chargé de 6000 tonnes de produits chimiques en perdition entre de l'ile de Batz et l'île d'Ouessant. Une pollution par produits chimiques, particulièrement crainte par les scientifiques, est redoutable en raison de ses effets dévastateurs sur l'environnement marin. |
Ce sont pourtant 90
000 tonnes de produits chimiques, 700 000 tonnes d'hydrocarbures qui passent
chaque jour au large de nos côtes, autant d'ERIKA et de bombes chimiques
en puissance!
Au delà
de l'angoisse de ce qui pourrait se produire et de la colère prête
à resurgir, nombre de questions attendent des réponses urgentes
et précises :
Le navire présenterait
des faiblesses de structure. Par quel organisme a-t-il été certifié
? On parle de la société italienne Rina de sinistre réputation.
Il transporterait
du Styrolène de l'isopropyle et du méthyle.
Quel est le niveau
de toxicité de ces produits? Quel est le risque ?
L'équipage
était en nombre suffisant ? Était-il suffisamment formé
?
Après le naufrage
de l’Erika a été mis en lumière la nécessité
d’accroître le contrôle par l’État des navires croisant dans
les eaux françaises.
Avec l'accident de
ce chimiquier italien les Verts demandent à nouveau que :
- la compétence
de l’intervention de l’État soit étendue sur toute la Zone Économique
Exclusive, soit 200 milles. Une telle mesure, déjà mis en uvre
par d’autres États, permettrait aux services de surveillance de prendre
en charge un navire ayant des avaries ou des problèmes techniques, donc
potentiellement dangereux, même s’il n’est pas dans les eaux territoriales
- que la France refuse
l’entrée dans la Zone Économique Exclusive à tout navire
identifié comme étant sous-normes, et ne répondant pas
aux critères de sécurité définis par l’Europe.
Après l'ERIKA,
pour renforcer la surveillance du trafic maritime en Manche, le comité
interministériel du 27 juin 2000 s'était contenté de "missionner"
la marine nationale qui a affecté un seul navire le Germinal (et uniquement
l'hiver à cette tâche); et encore pas avant fin février
2000. En attendant à partir de novembre c'est le Thétis un bâtiment
des plongeurs démineurs qui sera affecté de façon ponctuelle
à cette mission.
Avec ce nouvel épisode
dans la longue et pénible histoire des accidents maritimes, les Verts
du Finistère réaffirment l'absolue nécessité d'une
vraie politique de sécurité maritime reposant notamment sur une
vraie police des mers dotée de navires spécialement affectée
à cette mission, disponibles 24h sur 24h.
Christian
Bucher porte-parole régional des Verts
les Verts du pays de Brest - Les.Verts.Brestois@infini.fr